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Faire le jeûne 24 h, 3 jours ou plus : bienfaits annoncés et vrais risques

Le jeûne revient souvent comme solution pour maigrir ou « purifier » le corps. Voici ce qu'il est vraiment, ce que la recherche en dit, et pourquoi un jeûne long ne s'improvise pas.

Théière en verre d'infusion claire, tasse et carafe d'eau citronnée sur une table en bois clair
En bref
Faire le jeûne, c'est ne rien manger pendant un temps donné en buvant de l'eau. L'expertise de l'Inserm (2014) a conclu qu'il n'y a pas assez d'études solides pour démontrer ses bienfaits préventifs ou thérapeutiques, et qu'un jeûne important, complet ou partiel, ne doit se pratiquer qu'en structure médicalisée. Pour maigrir, il ne fait pas mieux qu'une alimentation équilibrée et expose à la reprise de poids.

Ce que veut dire « faire le jeûne »

Jeûner, c'est ne prendre aucune nourriture solide ni liquide, sauf de l'eau, pendant un temps donné. On parle aussi de jeûne « partiel » quand on garde un apport très faible, moins de 300 kcal par jour, sous forme de bouillons ou de jus de fruits ou de légumes.

Le jeûne fait partie des méthodes que nous passons en revue dans notre dossier sur les régimes à la mode et ce qu'on en sait. Il faut bien distinguer trois pratiques qui portent le même mot :

PratiqueCe que c'estNotre page
Jeûne intermittentDes plages sans manger dans la journée (par exemple 16 h) ou certains jours de la semaineJeûne intermittent
Jeûne de 24 hUne journée entière sans aliment, en buvantCette page
Jeûne de plusieurs jours3 jours, une semaine ou plus, à l'eau seule ou avec bouillonsCette page et jeûne hydrique

Ce que dit la recherche

En 2014, l'Inserm a rendu une expertise sur le jeûne à visée préventive ou thérapeutique. Ses conclusions, reprises par Santé.fr, sont nettes :

  • il n'existe pas assez d'études solides pour conclure que le jeûne prévient ou soigne une maladie ;
  • encadré dans une structure médicalisée, le jeûne paraît globalement peu dangereux ;
  • tout jeûne important, complet ou partiel, ne doit se pratiquer qu'en structure médicalisée.

En France, le jeûne n'est pas proposé dans un cadre médical. À l'étranger, des structures encadrent surtout des jeûnes partiels d'une semaine au maximum, et des recherches portent sur les douleurs articulaires, certaines maladies cardiovasculaires ou digestives et les effets secondaires des chimiothérapies. Ce sont des pistes de recherche, pas des traitements.

Autre point souvent entendu : le jeûne « élimine les toxines ». Rien ne le démontre. Le foie et les reins font ce travail chaque jour, que vous mangiez ou non.

Jeûner pour maigrir : ce qui se passe vraiment

Sans apport alimentaire, le corps puise dans ses réserves. Le chiffre de la balance baisse vite, mais une partie de cette baisse vient de l'eau et du muscle. Le rapport de l'Anses sur les régimes amaigrissants rappelle que maigrir fait toujours perdre du muscle, et que 80 % des personnes reprennent du poids un an après un régime. Les privations favorisent même le cercle de la reprise, parfois au-delà du poids de départ.

La Haute Autorité de santé, dans ses recommandations sur le surpoids, déconseille les régimes trop restrictifs et ceux qui font varier le poids en dents de scie. Elle conseille plutôt de réduire la densité calorique des repas ou la taille des portions, avec au moins 2 h 30 d'activité physique modérée par semaine. Pour savoir de combien réduire sans vous affamer, commencez par calculer vos besoins en calories par jour.

Les risques selon la durée

Un jeûne de 24 h chez un adulte en bonne santé provoque surtout de la faim, de la fatigue, parfois des maux de tête. Il devient risqué si vous prenez un traitement (diabète, tension) ou si vous avez une maladie chronique.

Un jeûne de plusieurs jours expose davantage. Santé.fr cite :

  • des effets fréquents : faim, maux de tête importants, étourdissements, malaises ;
  • au-delà de deux semaines : anémie par manque de fer, inflammation et fibrose du foie, fragilisation des os ;
  • le risque le plus grave : des troubles du rythme cardiaque, qui peuvent être mortels.

Hors structure médicale et sans surveillance permanente, un jeûne long présente des risques sérieux. Et remplacer un traitement efficace par un jeûne peut aggraver une maladie.

Pour qui le jeûne est déconseillé

  • Les femmes enceintes ou qui allaitent.
  • Les enfants et les adolescents (risque pour la croissance et la puberté).
  • Les personnes âgées ; chez les femmes ménopausées, le risque d'arythmie est plus élevé en cas de jeûne complet.
  • Les sportifs (perte osseuse, arrêt des règles chez les femmes).
  • Les personnes qui ont ou ont eu des troubles du comportement alimentaire : l'alternance privation et excès peut entretenir des compulsions alimentaires.
  • Toute personne sous traitement, en particulier contre le diabète.

Si vous voulez quand même essayer

Parlez-en d'abord à votre médecin, surtout si vous prenez un médicament. Pendant une journée de jeûne, buvez régulièrement de l'eau, évitez l'effort intense et la conduite si vous vous sentez faible, et arrêtez au moindre malaise ou palpitation. La reprise se fait avec un repas simple et léger : un bouillon de légumes, un yaourt, un fruit, un peu de féculent.

Si votre objectif est de perdre du poids, une approche qui ne vous prive pas de repas est plus simple à tenir : notre page perdre du poids et notre guide du régime hypocalorique vous aident à réduire les apports sans jeûner.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que faire le jeûne ?

C'est s'abstenir de toute nourriture pendant une durée donnée en ne buvant que de l'eau. Les jeûnes dits partiels autorisent un apport très faible, inférieur à 300 kcal par jour, sous forme de bouillons ou de jus.

Peut-on maigrir en jeûnant ?

On perd du poids sur la balance pendant un jeûne, mais une partie est de l'eau et du muscle, et la reprise est fréquente. Aucune donnée solide ne montre qu'un jeûne fait mieux qu'une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.

Jeûner 3 jours, est-ce dangereux ?

Un jeûne de plusieurs jours sans encadrement expose à des maux de tête, des étourdissements et des malaises, et dans les cas les plus graves à des troubles du rythme cardiaque. Un jeûne important ne devrait se faire qu'en structure médicalisée.

Quelle différence avec le jeûne intermittent ?

Le jeûne intermittent alterne des plages de repas et des plages sans manger dans la journée ou la semaine. Le jeûne au sens strict dure au moins une journée entière sans aliments.

Le jeûne élimine-t-il les toxines ?

Non, ce n'est pas démontré. Le foie et les reins assurent ce travail en permanence, que l'on mange ou non.

Références